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SOLEIL
Les livres viennent aux enfants
Plan « Soleil » : L’univers et la vie s’ouvrent pour les enfants
Pourquoi nous parlons des écrans avant de parler des livres
Depuis janvier 2026, le carnet de santé remis à chaque naissance en France inscrit des repères clairs sur l'usage des écrans. Avant 3 ans, aucun écran, pas même en bruit de fond. Entre 3 et 6 ans, usage exceptionnel et accompagné. Et depuis l'arrêté ministériel du 3 juillet 2025, les écrans sont totalement interdits dans les lieux d'accueil des jeunes enfants. Ces décisions ne tombent pas du ciel. Elles s'appuient sur des années de recherche.
L'étude française Elfe, conduite par l'Inserm sur près de 14 000 enfants suivis de leurs 2 ans à leurs 5 ans et demi, a montré que l'exposition précoce aux écrans est associée à des scores plus faibles dans le développement du langage, l'attention, la motricité fine et l'autonomie. Allumer la télévision pendant les repas en famille, même sans la regarder, suffit à dégrader le développement langagier des tout-petits, parce que le bruit de fond rend plus difficile pour l'enfant le déchiffrage des sons et capte l'attention des adultes au détriment des échanges. Les chercheurs ont nommé ce phénomène la technoférence : l'écran s'interpose entre l'enfant et la personne qui prend soin de lui, et chaque interruption est une stimulation perdue pour le cerveau en construction.
Chez les plus grands, les effets se prolongent. Troubles du sommeil par perturbation de la mélatonine via la lumière bleue. Réduction de la capacité d'attention prolongée. Diminution de la pensée critique et de l'imagination. Risque accru d'anxiété, de comparaison sociale délétère, d'exposition à des contenus violents ou pornographiques.
Le vrai problème n'est d'ailleurs pas seulement l'écran lui-même. C'est ce qui disparaît quand l'écran prend toute la place : le temps partagé, la parole entre adultes et enfants, la présence stable, le silence qui permet à une pensée de se construire. L'écran ne vide pas seulement par ce qu'il met devant les yeux. Il vide par tout ce qu'il empêche.
Les réseaux sociaux, une bascule supplémentaire pour les adolescents
À partir du collège, l'écran change de nature. Il devient réseau social. Et le réseau social n'est plus seulement un contenu passivement consommé. C'est un environnement conçu pour capter l'attention en continu, exploiter les ressorts de la comparaison sociale, et exposer des cerveaux en pleine maturation à des contenus que personne n'a choisi de leur montrer.
Au début de l'année 2026, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié une alerte explicite sur les effets de TikTok, Snapchat, Instagram et autres plateformes équivalentes sur la santé mentale des adolescents : cyberharcèlement, comparaison permanente, exposition à des contenus violents, captation algorithmique de l'attention au détriment du sommeil et de la concentration. La commission d'enquête parlementaire menée par la députée Laure Miller sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs a abouti à une proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale le 26 janvier 2026, visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et à étendre l'interdiction du téléphone portable au lycée. Cette loi, qui poursuit son parcours législatif, s'inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience : le cerveau d'un adolescent n'est pas mûr pour résister aux mécanismes d'addiction qu'on a sciemment conçus pour le retenir.
Notre démarche se situe dans la même logique, mais à l'échelle du quartier. Pendant que la loi tente de poser des limites au niveau national, nous proposons une alternative concrète au niveau local : redonner aux enfants et aux adolescents un autre objet à porter à leur attention. Un livre. Une présence humaine. Un moment partagé dans l'espace ouvert. Parce qu'interdire ne suffit pas. Il faut aussi proposer autre chose. Et cette autre chose ne peut pas être déléguée à une plateforme. Elle se construit, dans la durée, par des dépôts de livres dans les parcs, par des étudiantes qui aident aux devoirs au soleil, par un tissu humain patiemment réparé.
Pourquoi le livre est essentiel
Le livre fait l'inverse de l'écran. Il demande du temps, de la lenteur, de la concentration. Il appelle un adulte qui lit avec l'enfant, ou un enfant qui lit pour lui-même en construisant ses propres images intérieures. Il développe le vocabulaire, la syntaxe, la capacité de raisonnement, l'empathie. Il apprend à rester avec une idée plus de trois secondes. Il fait grandir l'attention au lieu de la fragmenter.
Et surtout, le livre est une porte de sortie de l'illettrisme et un outil d'égalité. L'accès aux livres n'est pas une question culturelle accessoire. C'est une question d'égalité des conditions de développement entre enfants. Dans beaucoup de quartiers populaires de Strasbourg, les familles n'ont pas les moyens d'acheter des livres, et les bibliothèques restent éloignées ou intimidantes. Un enfant qui n'a pas de livres à la maison part avec un retard de langage qui se creuse année après année, et qui devient ensuite un retard scolaire, puis un retard de confiance en soi, puis un retard de chances dans la vie. La République doit à chaque enfant le même droit aux mots.
Notre démarche
Le projet SOLEIL est notre réponse concrète. Nous collectons des livres auprès des donateurs strasbourgeois. Chaque donateur tamponne lui-même son livre avec notre tampon « Don ne peut être revendu », laissé en accès libre dans les bacs de dépôt. Cette appropriation citoyenne garantit que le livre restera dans le circuit du don et ne nourrira pas les marchés de revente. Premier point de collecte et de prêt déjà actif : le parc de l'Orangerie, où les usagers ont accueilli le projet à l'unanimité.
Les livres collectés sont ensuite distribués dans les quartiers populaires de Strasbourg, en accès libre, sans inscription, sans condition. Que chaque famille, chaque enfant, puisse simplement prendre un livre, le rapporter ou le garder, le partager.
Une étape à venir : l'aide aux devoirs en milieu ouvert
Maintenant que les beaux jours arrivent, nous travaillons à une étape suivante actuellement à l'étude. Nous souhaitons organiser, dans les espaces ouverts des quartiers, des séances d'aide aux devoirs et de lecture animées par des étudiantes recrutées dans le quartier lui-même. Travailler dehors, au soleil, dans un espace visible et partagé, pour que cette aide ne soit pas un dispositif fermé mais un moment de vie commune où les enfants, les parents, les passants peuvent se croiser, se voir, se reconnaître.
Cette présence visible et stable a aussi une fonction protectrice qu'on sous-estime souvent. Là où il y a un adulte présent, attentif et reconnaissable dans un quartier, les dynamiques d'exclusion entre enfants reculent, les conflits se régulent autrement, les enfants en difficulté osent demander de l'aide. Le tissu humain ne se reconstruit pas par des dispositifs invisibles, il se reconstruit par des présences que l'on peut nommer.
Ce projet est en construction. Nous reviendrons vers vous quand il sera prêt à démarrer.
Comment vous pouvez participer
Vous pouvez déposer des livres pour enfants et adolescents au point de collecte de l'Orangerie, en les tamponnant vous-même au passage. Vous pouvez nous signaler des lieux du quartier où ouvrir d'autres points de dépôt. Vous pouvez parler du projet autour de vous.
Etape suivante : aide aux devoirs et à la lecture – orthographe grammaire, par des étudiantes et bénévoles sélectionnées
Un livre déposé, ce sont des univers qui s’ouvrent pour les enfants.
Un livre tamponné, c'est un don qui reste un don.
Un livre distribué, c'est une promesse tenue.
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